Le revirement de Trump sur l
L'aide militaire promise par le président américain, à rebours de ce qui émanait de la Maison-Blanche depuis des semaines, devrait aider substantiellement Kiev à se défendre contre les missiles russes. Mais la guerre se joue désormais surtout sur les essaims de drones
Les drones désormais au centre du jeu
Les batteries Patriot promises, au nombre à terme de dix-sept pourront « fermer », en sus des sept ou huit déjà déployées, le ciel ukrainien aux missiles balistiques Kalibr, voire Kinjal, ou de croisière Iskander, véloces et puissants, cauchemar de la défense antiaérienne ukrainienne. Le problème est que la menace désormais ne provient plus tant des missiles que des salves de drones Shahed.
Nombre d'experts, dont Joshua Kroeker, soulignent que cette aide, bien qu'importante, ne répond pas pleinement aux menaces actuelles. Le Kremlin ne tire désormais, vraisemblablement faute de stock, plus qu'une dizaine de missiles par nuit, mais des centaines drones. Ces derniers, visant surtout les infrastructures civiles et énergétiques, sont souvent modifiés par intelligence artificielle pour échapper aux défenses traditionnelles, notamment avec des leurres.
Les drones sont, certes, moins puissants, avec une charge explosive d'environ 100 kg, et véloces (200 km/h), que les Iskander, Kinjal, ou Kalibr entre 4 et 10 millions de dollars pièce, mais opèrent en essaim pour saturer les défenses adverses. Surtout, les intercepteurs de Patriot sont inadaptés pour des raisons économiques : ils coûtent 1 million de dollars minimum contre l'équivalent de 20.000 dollars pour les drones qu'ils doivent intercepter. La production de ces drones de conception iranienne est désormais délocalisée en Russie.
Avec des salves de 600 à 700 drones, Moscou en tire désormais autant chaque nuit qu'en un mois en début d'année
Des hommes du bureau du procureur de Kharkiv ramassent les restes d'un drone russe de fabrication iranienne après une énième nuit de bombardements.