Notes sur l’ IA
En clair, les cadres, les ingénieurs, les enseignants, les médecins, les avocats et la plupart des personnes exploitant leurs compétences intellectuelles pour exercer leur profession vont être remplacées par des machines plus rapides, plus agiles et plus savantes.
« En tant que médecin, je remarque que l’IA est déjà quatre fois meilleure que moi, assure-t-il. Pour la formulation de diagnostics, elle accuse un taux d’erreur beaucoup plus faible que les humains. Elle est également meilleure pour gérer et comprendre un dossier complexe. Ceci est valable dans toutes les disciplines médicales. Le temps où elle n’était efficace qu’en radiologie est révolu. Elle sait même faire preuve de plus d’empathie, simulée évidemment, qu’un soignant qui doit conduire de multiples dossiers et qui peut être fatigué par moments. Plus préoccupant, les diagnostics rendus par l’IA seule sont 15 % meilleurs qu’avec le couple IA + humain. En intelligence pure, le dernier moteur de ChatGPT affiche aujourd’hui un QI de 136, supérieur à celui de 99 % des Français. Et il gagne 1 point de QI par semaine… Il n’existe aucune tâche intellectuelle qui ne puisse être réalisée par l’IA. L’intelligence humaine est dépassée dans tous les domaines ! »
Les cols blancs seront les premiers touchés, mais les cols bleus devraient les suivre très rapidement, ajoute Laurent Alexandre. Plombier, garagiste, chauffagiste… : les métiers manuels vont être laminés. D’ici cinq à dix ans, les robots ouvriers auront l’intelligence d’un polytechnicien. Ils seront dix fois moins chers, corvéables à souhait, disponibles 24 heures sur 24 et en contact permanent avec une base de données recensant tous les problèmes et toutes les solutions connus. La résistance des savoir-faire manuels est une illusion temporaire. Les métiers ne vont pas disparaître pour autant. Ce sont les profils individuels qui sont en danger. La solution consiste à se former à l’IA, à apprendre à la gérer et à l’intégrer à ses routines de travail pour devenir plus performant. On risque malheureusement de se retrouver avec une société à deux vitesses : ceux qui sont formés et ceux qui sont dépassés. Les chefs d’orchestre de l’IA vont gagner beaucoup d’argent quand les autres seront relégués au second rang. Les classes populaires, incapables de suivre, risquent de se sentir marginalisées.
On pourrait lui reprocher sa foi inébranlable dans la toute-puissance de l’IA ainsi qu’une vision défaitiste de la situation. Une position qui n’est pas partagée par tout le monde en s’appuyant par exemple sur la partie d’échecs organisée en juin entre la dernière version de ChatGPT et une console de jeu Atari 2600 de 1977, à la puissance minimaliste (un processeur de 1,19 MHz et mémoire vive de 2 ko), réglée en mode débutant. Elle s’est soldée par la victoire de la relique informatique. ChatGPT est en effet un moteur conversationnel, extrêmement agile dans son domaine d’expertise, mais incapable de jouer correctement par lui-même. Il évolue à partir de probabilités statistiques, en fonction des données qu’il a absorbées, mais ne comprend pas ce qu’il raconte et donc ne saisit pas les règles des échecs.
VULGAIRE “PERROQUET STATISTIQUE”
Petit génie numérique ou grosse calculatrice, l’IA témoigne avec certitude d’une capacité réelle à réaliser avec brio des tâches jusqu’à présent dévolues aux humains. La mutation du monde du travail et de notre espace social est en marche.