« Peut-être que le président Poutine pourrait dire au président Trump… » : le script de la conversation qui enflamme Washington
L'agence de presse Bloomberg publie la conversation du 14 octobre entre Steve Witkoff et le conseiller diplomatique du président russe. Cet échange, que nous reproduisons ici, montre l'incroyable connivence entre les deux hommes, l'un conseillant l'autre sur la manière de saboter la réunion entre le président américain et Volodymyr Zelensky.
Steve Witkoff : Salut Iouri.
Iouri Ouchakov : Oui Steve, salut, comment vas-tu ?
S. W. : Bien Iouri. Et toi, comment tu vas ?
I. O. : Je vais bien. Félicitations mon ami.
S. W. : Merci.
I. O. : Tu as fait un travail formidable. Juste un travail formidable. Merci beaucoup. Merci, merci.
S. W. : Merci Iouri et merci pour ton soutien. Je sais que ton pays l'a soutenu et je t'en remercie.
I. O. : Oui, oui, oui. Oui. Tu sais, c'est pour ça que nous avons suspendu l'organisation du premier sommet russo-arabe.
S. W. : Oui.
I. O. : Oui, parce que nous pensons que c'est toi qui fais le vrai travail là-bas dans la région.
S. W. : Eh bien écoute. Je vais te dire quelque chose. Je pense, je pense que si on arrive à résoudre la question Russie-Ukraine, tout le monde sautera de joie.
I. O. : Oui, oui, oui. Oui, il ne te reste qu'un seul problème à résoudre. [rire]
S. W. : Lequel ?
I. O. : La guerre russo-ukrainienne.
S. W. : Je sais ! Comment on résout ça ?
I. O. : Mon ami, je veux juste ton avis. Penses-tu que ce serait utile si nos chefs parlaient au téléphone ?
S. W. : Oui, je le pense.
I. O. : Tu le penses. Et quand penses-tu que ce serait possible ?
S. W. : Je pense que dès que tu le proposes, mon gars est prêt à le faire.
I. O. : D'accord, d'accord.
S. W. : Iouri, Iouri, voici ce que je ferais. Ma recommandation.
I. O. : Oui, je t'écoute.
S. W. : Je ferais l'appel et je réaffirmerais simplement que tu félicites le président pour cette réussite, que tu l'as soutenue, que tu l'as soutenue, que tu respectes le fait qu'il est un homme de paix et que tu es vraiment heureux d'avoir vu cela se produire. Donc je dirais ça. Je pense qu'à partir de là, ce sera un très bon appel.
Parce que, laisse-moi te dire ce que j'ai dit au président. J'ai dit au président que la Fédération de Russie a toujours voulu un accord de paix. C'est ce que je crois. Je l'ai dit au président, je le crois. Et je pense que la question, le problème, c'est que nous avons deux nations qui ont du mal à trouver un compromis et quand on y arrivera, on aura un accord de paix. Je pense même qu'on pourrait établir une proposition de paix en 20 points, comme on l'a fait à Gaza. On avait préparé un plan Trump en 20 points pour la paix et je me dis qu'on pourrait faire pareil avec vous. Mon point est le suivant…
I. O. : D'accord, d'accord mon ami. Je pense que ce point précis, nos dirigeants pourraient en discuter. Hey Steve, je suis d'accord avec toi, il va le féliciter, il va dire que M. Trump est vraiment un homme de paix, et ainsi de suite. Il va le dire.
S. W. : Mais tu sais ce qui serait incroyable ?
I. O. : D'accord, d'accord.
S. W. : Et si, et si… écoute-moi bien…
I. O. : Je vais en discuter avec mon patron puis je reviens vers toi. D'accord ?
S. W. : Oui, parce que écoute ce que je dis. Je veux juste que tu dises, peut-être juste dire ça au président Poutine, parce que tu sais que j'ai le plus grand respect pour le président Poutine.
I. O. : Oui, oui.
S. W. : Peut-être qu'il pourrait dire au président Trump : tu sais, Steve et Iouri ont discuté d'un plan de paix très similaire en 20 points, et ça pourrait être quelque chose qui, selon nous, pourrait faire avancer les choses, on est ouverts à ce genre de propositions - pour explorer ce qu'il faudrait pour parvenir à un accord de paix.
Maintenant, entre nous, je sais ce qu'il faudrait pour parvenir à un accord de paix : Donetsk et peut-être un échange de territoires quelque part. Mais je dis qu'au lieu de parler comme ça, parlons avec plus d'espoir parce que je pense qu'on va arriver à un accord ici. Et je pense, Iouri, que le président me donnera beaucoup de marge de manoeuvre et de discrétion pour parvenir à cet accord.
I. O. : Je vois…
S. W. : … donc si on peut créer cette opportunité, qu'après ça j'ai parlé à Iouri et qu'on a eu une conversation, je pense que ça pourrait mener à de grandes choses.
I. O. : D'accord, ça me va. Ça me va.
S. W. : Et encore une chose : Zelensky vient à la Maison-Blanche vendredi.
I. O. : Je sais. [rire]
S. W. : Je vais aller à cette réunion parce qu'ils veulent que je sois là, mais je pense que si possible, il faudrait qu'on ait l'appel avec ton patron avant cette réunion de vendredi.
I. O. : Avant, avant - oui ?
S. W. : Exact.
I. O. : D'accord, d'accord. J'ai compris ton conseil. Je vais en discuter avec mon patron puis je reviens vers toi, d'accord ?
S. W. : D'accord Iouri, je te parle bientôt.
I. O. : Parfait, parfait. Merci beaucoup. Merci.
S. W. : Au revoir.
I. O. : Au revoir.