«Je veux juste un bout de glace», «Macron a essayé de faire le dur»... Ce qu’il faut retenir de la prise de parole de Donald Trump au Forum de Davos
La queue devant la salle où Donald Trump devait prendre la parole, lors du forum économique de Davos, était à l’image des attentes entourant son discours : immense. Ce mercredi, au lendemain des allocutions offensives d’autres dirigeants, dont son homologue français, Emmanuel Macron, la patronne de l’Union européenne Ursula von der Leyen ou le canadien Mark Carney, le président américain a tenu une allocution fleuve, bien plus longue que ce qui était prévu.
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Sa harangue était émaillée d’insultes envers certaines personnalités ou nations, d’hyperboles et de digressions. L’occasion, également, pour ce passionné de catch de porter ses coups, répondre aux critiques et défendre sa politique.
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Le Figaro fait le point sur les principaux aspects à retenir de cette conférence.
«Les États-Unis sont le moteur économique de la planète» : Donald Trump loue son bilan, après un an au pouvoir
En introduction de son discours, Donald Trump s’est félicité de son année passée à la tête de la Maison-Blanche, alors qu’il a fêté mardi le premier anniversaire de son investiture. «Notre économie est en plein essor» et «notre croissance économique est extraordinairement forte», s’est félicité le président américain, ajoutant que les États-Unis n’avaient «pratiquement pas d’inflation».
«Notre pays n’a jamais connu cela», a-t-il assuré, estimant que son pays était «moribond» sous Joe Biden, alors qu’il serait aujourd’hui «le pays le plus attractif du monde».
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L’Europe «ne va pas dans la bonne direction», cingle Trump
Quelques minutes seulement après le début de son discours, Donald Trump s’en est pris aux pays européens, estimant que «certaines régions d’Europe ne sont franchement plus reconnaissables». «J’aime l’Europe et je veux la voir prospérer, mais elle ne va pas dans la bonne direction», a-t-il jugé, critiquant les choix politiques réalisés sur le continent. Et d’ajouter, un peu plus tard, que son pays se soucie «profondément des peuples d’Europe».
Le président américain a ainsi repris certaines de ses critiques régulières, dénonçant l’immigration, les délocalisations ou la «grande escroquerie verte» de l’énergie renouvelable. Autant de pistes que l’administration Biden et d’autres capitales ont choisi de suivre, par erreur, a-t-il martelé. «L’Europe [...] doit sortir de la culture qu’ils ont mis en place depuis dix ans, ils se détruisent», a-t-il plaidé, défendant une «Europe forte» et des «alliés forts», unis autour d’un Occident «fort et uni».
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Trump dénonce «l’ingratitude» du Danemark sur le Groenland
Revenant sur le sujet épineux du Groenland, Donald Trump a jugé que ce territoire n’était pas défendu et peu développé. S’il a dit avoir un «immense respect pour les habitants du Groenland et du Danemark», le président américain a souligné que «tout allié de l’Otan doit défendre son territoire», ajoutant que seule la puissance américaine était capable de le faire pour ce territoire glacé. «C’est donc un intérêt national essentiel» pour les États-Unis de s’emparer de ce territoire, a-t-il plaidé, avant de préciser que le Groenland coûtait des «centaines de millions de dollars par an» au Danemark.
Donald Trump est ensuite revenu à la Seconde Guerre mondiale. «Nous nous sommes battus pour le Groenland. On a sauvé le Groenland et empêché les ennemis de s’y installer. [...] Après la guerre, on a rendu le Groenland au Danemark. À quel point avons-nous été stupides de faire cela ? [...] Comme ils sont ingrats, maintenant», a-t-il déclaré, au sujet des Danois.
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Le président américain demande l’ouverture de «négociations immédiates» pour acquérir le Groenland et ne veut pas utiliser «la force» pour s’en emparer
Durant son discours, Donald Trump a exigé l’ouverture de «négociations immédiates» pour acquérir Groenland, «comme nous l’avons fait plusieurs fois durant notre histoire», de même que les Européens. Et ce, afin d’y construire «le plus grand “Golden dome” [un projet de bouclier antimissiles américain, NDLR] jamais fait». «Je demande un morceau de glace froid et mal situé, qui peut jouer un rôle vital pour la paix mondiale», a martelé ensuite Donald Trump.
«Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force», a-t-il déclaré Et d’ajouter, comme un avertissement : «Vous pouvez dire oui, vous pouvez dire non, et nous nous en souviendrons».
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«C’est à l’Europe de résoudre la guerre en Ukraine, pas aux États-Unis», selon Trump
Donald Trump a évoqué la guerre en Ukraine, qui, selon l’occupant de la Maison-Blanche, «n’aurait jamais commencé si l’élection présidentielle [américaine] de 2020 n’avait pas été truquée». «Et tout le monde sait qu’elle a été truquée. C’est sûrement une grande nouvelle pour vous, mais nous avons commencé à traduire des coupables en justice», a assuré Donald Trump.
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«C’est à l’Europe de résoudre la guerre en Ukraine, pas aux États-Unis», a ajouté le milliardaire, qui a dit devoir rencontrer le président Zelensky à Davos, ce mercredi. «Nous n’avons rien à voir là-dedans», a-t-il répété. Malgré une «haine profonde» entre les présidents russe et ukrainien, «nous sommes assez proches d’un accord. [...] S’ils ne le font pas, ils sont stupides. Cela vaut pour tous les deux», a lancé Donald Trump.
Macron «a essayé de faire le dur à cuire», ironise Trump
Donald Trump a longuement évoqué son homologue français, qu’il «apprécie», et qui a prononcé son discours mardi. «J’ai écouté son très beau discours hier avec ses lunettes de soleil. Qu’est-ce que c’était que ça ? [...] Il a essayé de faire le dur à cuire», a-t-il déclaré.
Et le président américain de raconter une fois de plus la discussion qu’il aurait eu avec le chef de l’État français au sujet du prix des médicaments. «J’ai dit à Emmanuel : “tu vas devoir augmenter le prix des médicaments”. “Non, non Donald je ne peux pas faire cela”, m’a-t-il dit. Je lui ai répondu : “Emmanuel, vous profitez des médicaments à bas coûts américains depuis des années. Si si tu vas le faire”, a ajouté le président américain. “Emmanuel, vous allez doubler, tripler les prix des médicaments. Et tu vas le faire sinon je mets des droits de douane de 25% sur tout ce que vous importez des États-Unis ou 100% sur les vins et champagnes français. Ça m’a pris trois minutes en moyenne par pays pour leur faire accepter”», a-t-il affirmé. Et de marteler : «Vous nous arnaquez depuis 30 ans !»
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Éoliennes, nucléaire... Trump fustige les choix énergétiques de l’Europe
Donald Trump s’en est pris aux choix énergétiques de l’Europe, affirmant que les États-Unis avaient évité un «effondrement énergétique catastrophique» grâce à lui. Selon le président américain, le «Green New Deal» européen est «peut-être la plus grande escroquerie de l’histoire». Il a critiqué les éoliennes, qui sont «partout en Europe» alors qu’elles sont «inefficaces». «La Chine les fabrique et les vend aux gens stupides qui les achètent», a-t-il taclé. «Les gens idiots les achètent», a-t-il répété.
Donald Trump a également déploré l’interdiction de forer en mer du Nord pour des raisons environnementales.
Le Canada «existe grâce aux États-Unis», proclame Donald Trump
Le président américain a décoché une pique à l’endroit du premier ministre canadien, Mark Carney, dont le discours offensif, mardi, a été abondamment partagé et vu sur les réseaux sociaux. «Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à la table (des discussions), nous sommes au menu», a-t-il notamment déclaré, soutenant fermement le Danemark face aux ambitions américaines.
Des propos que Donald Trump a visiblement peu appréciés. «Le Canada reçoit beaucoup de choses gratuitement de notre part, soit dit en passant. [...] J’ai regardé votre premier ministre hier, il n’était pas si reconnaissant, mais les Canadiens devraient l’être. [...] Le Canada existe grâce aux États-Unis, souviens-t’en, Mark, la prochaine fois que tu fais une déclaration», a-t-il répondu.
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De nouvelles critiques envers le patron de la Fed, Jerome Powell
Devant l’assemblée, Donald Trump a de nouveau critiqué vertement le patron de la Fed, surnommé Jerome «trop tard» Powell. Celui-ci a changé depuis sa nomination, a-t-il jugé : «C’est incroyable ce que les gens changent. [...] Ils disent ce que je veux entendre, puis ils sont engagés et ils augmentent les taux», a soupiré le président américain, dénonçant une «forme d’infidélité».
Jerome Powell, «toujours en retard», sera remplacé par «quelqu’un d’excellent» qui fera un «bon boulot», a déclaré le chef de l’État.
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Le Venezuela «va gagner plus d’argent dans les prochains six mois que durant les vingt dernières années», affirme Trump
Défendant son bilan énergétique, le président américain est revenu rapidement sur l’état du Venezuela, qui était «un grand pays» et a des «problèmes», mais est aidé par les États-Unis. Caracas et Washington vont partager l’argent issu des 50 millions de barils que les Américains auraient reçus, a affirmé Donald Trump, ajoutant qu’ainsi, le Venezuela «va aller très bien».
Le pays «va gagner plus d’argent dans les prochains six mois que durant les vingt dernières années», a-t-il ajouté, jugeant la coopération «bonne» et la nouvelle direction de la nation «très bonne».
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139 commentaires
Jac
le 21/01/2026 à 16:30
Il y a quand même des vérités dans son discours, notamment sur l europe.
Olivier.wa
le 21/01/2026 à 16:29
Je ne sais pas ce qui est le plus triste…le président de la première puissance mondiale qui raconte n’importe quoi (8 guerres arrêtées, économie fabuleuse, etc) ou les 35% d américains qui le croient. C’est terrifiant comme mes gens sont manipulables. Il suffit juste de les bombarder de mensonges à longueur de journée et ils finissent pas tout croire car ils ne prennent même plus le temps d’aller se renseigner ou chercher de l’info contradictoire pour de faire leur opinion.
anonyme
le 21/01/2026 à 16:29
Ce m.c est fou!!
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