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Guerre 3.0

PAR MARINA ALCARAZ

Guerre 3.0

La guerre au Moyen-Orient en cache une autre : un conflit 3.0, où l’IA est en première ligne.
Les rebondissements ces derniers jours autour du contrat pour le Pentagone illustrent la montée en puissance des nouvelles technologies dans ce secteur crucial. Ce week-end, le « département de la Guerre » a officialisé le choix des modèles d’OpenAI.
Mais c’est surtout le signe d’un basculement plus profond. Certes, l’entreprise de l’entreprise de Sam Altman assure qu’il y a des limites : l'interdiction de la surveillance de masse sur le territoire américain et l'exigence d'une « responsabilité humaine » dans l'usage de la force. L’accord marque un tournant symbolique : celui d'un acteur né comme organisation à but non lucratif, désormais au coeur des projets militaires américains.
En face, Anthropic est désormais considéré comme un « risque pour la chaîne d'approvisionnement » du ministère de la Défense, qui a accusé la start-up de « caprices idéologiques » et de faire passer ses principes avant la sécurité nationale.
Anthropic n’a pas cédé face à la pression de l’Etat américain. Mais, là encore, l’entreprise de Dario et Daniela Amodei, considéré pendant longtemps comme le « chevalier blanc » du secteur a dû aussi faire tomber des barrières. Alors qu'elle avait autrefois déclaré qu'elle retarderait le développement de modèles susceptibles de présenter un danger pour l'humanité, la société a fini par lever ce garde-fou. On est bien loin des promesses originelles où l’IA serait au service du bien commun.
Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie, professait Sun Tzu.